Pour
la plupart, pêche rime avec patience, passivité, ennui. C’est
l’éternelle caricature du pêcheur en papi affalé devant sa canne, les
yeux rivés à son flotteur qui ne coule jamais. Or, à lire les
récits ou à regarder les photos de Jacques-Étienne Bovard, qui rôde
depuis son enfance le long des rivières et des lacs, on verra que la
pêche peut se décliner en inventaire émotionnel extraordinairement
contrasté et intense : le temps devient affût passionné, au seuil d’un
autre monde, où se confondent la mémoire et le rêve. La rivière se
livre, ou ne se livre pas, telle une femme irrésistible et
insaisissable. Quel ennui? Quelle patience? Le pêcheur rôde, ruse,
rêve, délire, jubile, explose – de joie, de fureur. Et c’est toujours
un morceau de lui-même qu’il finit par ferrer, dans les clairs-obscurs
où le regard se perd.
JACQUES-ÉTIENNE BOVARD
Texte de la quatrième de couverture de l’édition originale
La Pêche à rôder
La pêche est méprisée par les amateurs de littérature, surtout
européens. Ces derniers se trompent cruellement. Qu’ils jettent un œil
en Amérique et relisent Le Vieil Homme et la mer d’Ernest Hemingway et les chroniques de l’immense Jim Harrison!
Mieux encore : qu’ils se plongent dans ce recueil rafraîchissant
du Lausannois Jacques-Étienne Bovard, servi par une écriture attentive,
pleine d’à-propos. Dans cette version en poche, ils apprendront
quelques vertus, la patience naturellement. Ils découvriront surtout un
monde qui rime avec bonheur et se conjugue sur le registre d’émotions
intérieurs propres à leur auteur. Simple et précieux.
THIBAUT KAESER, L'Écho illustré
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