MÉLANIE CHAPPUIS

DES BAISERS FROIDS COMME LA LUNE

Roman
2010. 208 pages. Prix: CHF 34.-; € 17.-
ISBN 978-2-88241-207-2, EAN 9782882412072

Biographie

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Un homme. Cinquante-cinq ans. Une femme. Vingt-huit ans. Il cherche la jeunesse dans cette femme. Elle recherche l’amour dans cet homme. Ils se rejoignent parfois. Jamais longtemps. Un décalage, immense, entre elle et lui. Un amour à contretemps. Leurs deux voix racontent en alternance ce qui ne se dit pas. Ce qui se pense seulement, et qu’on n’avoue pas. Un roman contemporain, qui propose une plongée perturbante dans les pensées intimes de deux personnages qui nous ressemblent. Un peu, beaucoup.


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Après Frida, plongée hypnotique dans les profondeurs de l’âme féminine, la journaliste lausannoise Mélanie Chappuis se glisse dans la stratégie amoureuse d’un homme mûr, bien décidé à se revaloriser à ses propres yeux en se jouant d’une jeune femme un peu désemparée et mal dans sa peau. Le chassé-croisé amoureux, en constant décalage de recherche et de découverte, de séduction et de passion, d’aveux et de non-dit, ne les mènera ni l’un ni l’autre là où ils le pensaient…

Payot Libraire, Lausanne


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Passion glacée

Avec Des baisers froids comme la lune, Mélanie Chappuis (née à Bonn en 1976, mais vivant à Lausanne) creuse et interroge la passion amoureuse qui faisait déjà la matière de son premier roman, Frida, paru il y a deux ans. Ce second livre est comme l'image inversée du premier : ce n'est plus une femme amoureuse qui attend que son amant marié quitte sa femme, mais une femme mariée qui s'éprend d'un homme plus âgé, libre (ou presque). Lequel attend, sans trop  d'impatience, que sa maîtresse se libère de ses liens conjugaux.
Ce qui retient le lecteur, dans ce second roman, c'est l'obstination à creuser la passion amoureuse, à décliner ses états d'âme, à déchiffrer ses diverses étapes. Construit comme un monologue croisé, qui fait entendre en alternance la voix de la femme et de l'homme, le livre de Mélanie Chappuis essaie de suivre à la trace (et de mettre en mots) le feu qui embrase la passion amoureuse. On pense parfois à Belle du Seigneur d'Albert Cohen ou Anna Karénine de Tolstoï. D'abord parce que l'héroïne du roman s'appelle Anna, ensuite parce que parce qu'il s'agit, dans les trois livres, de tenir le registre des désordres amoureux, depuis la piqûre du désir, jusqu'à sa réalisation, puis le subtil engrenage d'attentes et de frustrations qui se met en place. S'installe, alors, entre les deux amants, un jeu du chat et de la souris qui va les mener, inéluctablement, au terme de leur histoire.
L'homme a cinquante-cinq ans. Il s'appelle Vincent. Il dirige un grand quotidien romand. La femme s'appelle Anna. Elle a vingt-huit ans. Elle est mariée à Victor, le demi-frère de Vincent. Ce qu'il aime chez elle, c'est qu'elle est une «femme d'ailleurs», différente de toutes celles qu'il a connues. Ce qu'elle aime chez lui, c'est à la fois sa liberté et son pouvoir. Entre les deux, dès le début, on sent un décalage, qui ne fera que se creuser. L'amour est-il une illusion? La passion amoureuse est-elle forcément (auto)destructrice? C'est ce que semble suggérer Mélanie Chappuis dans un roman qui mêle à plaisir le chaud et le froid. Alternativement, puis successivement. Le style est direct, comme dans Frida, rapide, sans fioriture. Il essaie de saisir au plus près ce feu obscur qui dévore les amants, creuse en chacun le manque douloureux de l'autre et finit par se transformer en glace. Il y a des scènes fortes, et quelques surprises (en particulier, une utilisation toute à fait singulière de la crème Atrix!). Autant dire qu'un lecteur — amoureux ou non — y trouvera matière à émotions, comme à réflexions.

Blog de JEAN-MICHEL OLIVIER


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Mélanie Chappuis relate la fin d’un amour adultère

«Et je te donnerai, ma brune, des baisers froids comme la lune.» Mélanie Chappuis place son deuxième roman sous le signe de l’astre pâle et de Baudelaire. Il est question, dans Des baisers froids comme la lune, du théâtre de la cruauté que se jouent un homme et une femme, elle toute jeune et tout juste mère, lui quinquagénaire effrayé par l’âge qui vient. Une histoire d’adultère qui commence dans la transe et qui se finit dans la haine.
C’est évidemment ce basculement qui fait l’intérêt de ce petit drame secret. Et aussi les façons employées par l’auteur pour le raconter. Elle croise récits à la première personne, tantôt elle, tantôt lui, et correspondances par lettres, e-mails et SMS. Des confessions intimes où l’inavouable domine et des messages maquillés par le souci de gagner la partie. Autant de modes d’écriture qui révèlent les efforts de dramaturges que les amants déploient pour leurs jeux amoureux. Le sentiment se rétracte jusqu’à la disparition entre ces coups de stratèges et de metteurs en scène.

LISBETH KOUTCHOUMOFF, Le Temps


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Ils s’aiment mais ne peuvent pas rester…

L’homme a cinquante-cinq ans. La femme vingt-huit. C’est sa belle-sœur. Rencontre amoureuse intense mais qui ne va pas durer. Ne peut pas. Chacun cherche autre chose. Peut-être la jeunesse pour l’homme, comme pour se rassurer. L’amour pour la femme. Ils s’enflamment, ils s’affrontent. Au final il faudra bien choisir qui va quitter le premier. Roman choral. Des baisers froids comme la lune de Mélanie Chappuis est un portrait réussi d’une forme de relation amoureuse stressée, entre deux portes, indécidée. L’écrivaine lausannoise n’est pas tendre avec ses personnages. Elle les déshabille dans leurs contradictions, notamment celle de la jeune femme qui ne peut choisir entre l’amour fou, l’amour maternel et la sécurité auprès de son mari.

JACQUES STERCHI, La Liberté


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Des baisers froids comme la lune, de Mélanie Chappuis

Il m’arrive d’acheter un livre à cause de sa couverture, ou de son titre, ou de sa typographie, ou du papier dont il est fait. Pour toutes ces raisons à la fois, j’ai choisi de lire Des baisers froids comme la lune de Mélanie Chappuis, publié par Bernard Campiche Éditeur ici. Mais aussi parce Sébastien Fanti en disait du bien et que la lecture des rabats de la couverture m’en a donné envie.
La couverture est une reproduction brillante d’une toile de Guy Oberson, Après une nuit de pluie 2. Le titre est un vers tiré d’un poème de Charles Baudelaire, Le Revenant, qui figure dans son recueil Spleen et idéal. Quand Anna parle ou écrit, les caractères de la police utilisée sont droits, élégants, fins. Quand Vincent parle ou écrit, ils sont ronds, sinueux, pleins. Le papier d’un jaune pastel est agréable au toucher et à la vue.
Vincent est un vieux beau, de cinquante-cinq ans, à la tête du plus grand journal de Suisse romande. Il se veut séducteur, conquérant, mâle quoi, dont la coquetterie est de ponctuer sa pensée, ses paroles écrites et orales, d’un peu d’anglais, sorte de touche snob et convenue, qui lui fait croire qu’il reste tendance. Pour le sexe il a plus volontiers recours aux professionnelles, ce qui lui donne la paix des sens pour séduire tout à son aise. Ce dont il ne se prive pas.
Anna, vingt-huit ans, vit au foyer, mère d’une petite Mona, épouse d’un beau chirurgien esthétique de 35 ans, Victor, qui lui assure gîte et couvert dorés et qui sculpte les formes de riches clientes venues de l’Est. Victor est le demi-frère de Vincent. Lequel n’aspire qu’à une chose, à séduire la belle Anna, éventuellement à la mettre dans son lit, même s’il peut craindre à juste titre, l’âge n’aidant pas, de connaître la panne qui affectait parfois Stendhal.
Attachée aux valeurs morales de la bourgeoisie traditionnelle, Anna culpabilise, hésite à sauter le pas et à succomber à ces amours adultères que Vincent lui présente sous le meilleur jour, de manière fort habile. Elle résiste dans les premiers temps aux assauts de ce séducteur impénitent, qui fantasme dur sur cette jeune femme de 27 ans sa cadette et qui se sent pousser des ailes, parce qu’il sent bien qu’il possède les armes pour parvenir à ses fins, que l’aventure le rajeunit en quelque sorte et qu’elle lui donne même du coeur à l’ouvrage dans l’exercice de sa profession.
Tout au long des relations qu’entretiennent les deux amants, l’auteur nous dévoile leurs pensées intimes, mises en parallèle avec leurs échanges épistolaires, qui sont tout de même révélateurs. L’évolution de ce qu’ils pensent l’un de l’autre et de ce qu’ils deviennent au fil de cette liaison apparaît dans une lumière de plus en plus crue jusqu’à la fin, à laquelle on s’attend, en l’espérant et en la refusant tout à la fois, pris que nous sommes dans le tourbillon de l’histoire, prenant alternativement parti pour l’un ou pour l’autre.
Lire Mélanie Chappuis est un véritable plaisir. L’attention est soutenue jusqu’au bout. L’écriture est élégante, soignée, jusque dans les rares écarts de langage, propres à notre époque, qui n’est pas faite pour les bégueules. Au fond, tous les mots sont pesés, bien à leur place, tout en étant pleins de grâce. On se rend compte qu’il n’est pas besoin d’écrire des tonnes pour façonner un véritable petit bijou d’expression.
La psychologie des personnages est tout à fait crédible, si elle est parfois un peu caricaturale. L’auteur se met facilement à la place de la jeune femme, ce qui n’est pas étonnant, compte tenu de son âge et de son sexe, à celle du quinqua bien mûr, ce qui l’est davantage. Les caractères des deux protagonistes n’en prennent que plus de consistance.
La fin de ce roman est morale puisqu’est pris qui croyait prendre...

Le blog de FRANCIS RICHARD


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Un don Juan contemporain

Les livres à plusieurs voix sont à la mode. Encore faut-il les maîtriser. Tel est le cas de Mélanie Chappuis dans Des baisers froids comme la lune.
C’est l’histoire banale, on allait écrire classique, d’un quinquagénaire qui a une femme mais ne s’en contente pas et tombe raide amoureux d’une autre plus jeune que lui de vingt-sept ans. Or toute la saveur de cet amour réside dans le désir, ce qu’il révèle et les souffrances qu’il engendre inéluctablement, racontés respectivement de chaque point de vue.
«Il vient ce soir. Je vais pouvoir me faire belle et me sentir belle. Oublier un peu que je suis mère. Mon mari n’arrive pas à me faire oublier que je suis une mère. Mon mari, je ne l’accueille plus en minijupe et talons lorsqu’il rentre du travail.» Voici pour Anna. Quant à Victor, rédacteur en chef du Journal du Léman, le plus grand quotidien de Suisse romande, il tente aussi bien de se rassurer par la séduction: «Les très belles et les très jeunes, je me contente de les séduire. Ça me donne de la force, de la puissance. Si je les amenais dans mon lit, ce sont elles qui auraient le dessus. Au lit je ne suis ni fort ni puissant, je suis juste moi qui bande moins souvent, moins longtemps.»
Il a du pouvoir, un peu d’argent, beaucoup d’influence mais ne s’en satisfait pas. Elle est belle, mère d’une adorable fillette, mariée à un homme qui a beaucoup d’argent mais cela ne suffit pas. Il faudra bien des semaines, des rencontres, et des échanges de courriel pour qu’ils réalisent que l’insatisfaction est le lit de leur coupable amour. Certes, on n’atteint pas ici le degré d’intériorité d’Une passion simple de Annie Ernaux. Il n’empêche que Mélanie Chappuis parvient à embarquer son lecteur avec une redoutable efficacité. L’alternance des voix sonne avec une extrême justesse. Il y a beaucoup à (ap)prendre dans ce duo de don Juan contemporain.

Le blog de SERGE BIMPAGE


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