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Ce livre est de ceux dont on lève à tout moment les yeux pour songer à sa propre histoire. Cest à la fois une longue balade sur les crêtes jurassiennes et par les sous-bois dun automne qui a valeur de symbole, et une étape décisive à la faveur de laquelle le protagoniste, aidé par les circonstances, fait le point sur son existence passée tout en scellant de nouvelles alliances
Personnage en disponibilité sil en est, le héros de Jean-Pierre Monnier, pasteur comme létait le protagoniste de La Clarté de la nuit, il y a trente ans de ça, fait profession découter les autres après avoir renoncé à prêcher du haut de la chaire. Répondant aux désemparés qui nont plus quun numéro de téléphone à composer comme recours à la solitude ou au désespoir, il sest fait voix parmi les voix, et lon présume que ses réponses nont pas le tranchant de la certitude. Au demeurant, sa fonction de pasteur na quune importance très secondaire en loccurrence, et le lecteur peu porté aux «momeries» na rien à craindre assurément
La rencontre dune femme qui nous vaut un portrait à fines touches, dune étonnante qualité de présence , le dialogue renoué avec un fils rebelle, la confrontation avec des témoins de son adolescence ou de sa jeunesse, enfin lultime chemin parcouru aux côtés de sa mère: telles sont les ponctuations de ce mois de la vie dun homme dont les incertitudes et les hésitations, mais aussi les attentes et les ferveurs, font écho aux nôtres.
JEAN-LOUIS KUFFER, Le Matin
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