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Avec quatre romans et deux recueils de nouvelles, Jacques-Étienne Bovard est devenu, avant le cap de la quarantaine, lun des auteurs romands les plus appréciés du public.
Les thèmes dominants dUne leçon de flûte avant de mourir sont à la fois ceux de la filiation et de la reconnaissance réciproque entre générations. Le motif central est le partage dun trésor qui relève à la fois du savoir et de lexpérience existentielle, de lart de vivre et de lart tout court. Rien là-dedans de la thèse, mais une façon de «jouer» des personnages, affectivement très vibrants, comme de véritables instruments de musique se révélant lun lautre. Cette manière concertante dévoquer les relations humaines est dautant plus émouvante et belle, ici, que latomisation et la solitude, le rejet des vieux ou léclatement de la communauté fondent le bruit du monde actuel. À celui-ci, Jacques-Étienne Bovard oppose la musique des êtres sans se perdre dans lévanescence. Ainsi la pauvre Malamondieu fait-elle finalement partie du «concert» dont la résonance intime après lecture mêle le rire et la peine, la joie de vivre de la jeunesse et la mélancolie du grand âge, les humeurs quotidiennes et leur sublimation mélodieuse.
JEAN-LOUIS KUFFER, 24 Heures
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