S'il plaît à Dieu

Genre
Roman
Année de parution
2019
ISBN
Nb. de pages
480

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Revue de presse
1

S’il plaît à Dieu est un roman historique. L’on aime ou l’on boude le genre, c’est selon. Dans tous les cas, le récit devient fluide dès lors qu’on a saisi les liens qui unissent les protagonistes. Le récit couvre les rêves expansionnistes d’un caporal qui allait devenir le régent d’une Europe en pleine mutation. Napoléon est de la lignée des grands conquérants comme Alexandre le Grand, Gengis Kahn, César qui ont mis le monde à feu et à sang.
Dans le sillage du petit homme ventripotent, Jean-Charles Develay, d’Yverdon qui, par un hasard improbable, a délaissé de brillantes études de médecine pour s’enrôler en tant que sous-lieutenant de cavalerie en 1807. Par quel miracle échappe-t-il de l’enfer de la retraite de Russie? À Paris, le chirurgien en chef Bouchet le presse de reprendre ses études. Après dix ans de chevauchées, sabre au clair, comment manier un bistouri?
«Si je trouvais une femme qui me donnât six mille francs et qui me plût, je quitterais le métier de soldat pour recommencer mes études de chirurgien. Je dois payer mes folies de jeunesse et continuer un métier qui ne servira qu’à l’asservissement des peuples.» Il a plu à Dieu d’inverser le cours de son destin. À Yverdon, Develay deviendra un médecin réputé et respecté.
Voilà un fil tiré de l’écheveau aux multiples nœuds de la descendance d’Elisabeth Develay, génitrice de huit enfants. Dans la fratrie, Jean-Charles est le troisième. À la mort de son mari, le cœur en charpie, elle doit se séparer de ses enfants. Elle les retrouvera des années plus tard en des circonstances précaires. Comment cette barque familiale n’a-t-elle pas sombré, corps et âme, dans les turbulences de l’Histoire? Une foi inébranlable leur a permis de tenir le cap, du moins ceux que la maladie n’a pas foudroyés dans la fleur de la jeunesse, comme Georgina, la cadette bien-aimée. La religion est le ferment qui motive leur existence.
À chaque début de chapitre, l’auteure a posé des balises, sans quoi le lecteur y perdrait ses repaires dans l’entrelacs des événements historiques et dans la constellation des personnages qui gravitent autour des Develay. Suzanne Deriex s’est lancée sur les traces de sa famille.«Dans son passé réel, je guette le filigrane qui, de génération en génération, maintient l’évolution de la vie sur notre terre.» Elle s’est investie dans une recherche de bénédictin extrêmement fouillée en piochant dans les archives et en contactant les descendants d’Elisabeth.
Cette grande dame de la littérature française, née à Yverdon en 1926, a commis des récits, des romans, des contes, des nouvelles ainsi que des pièces radiophoniques. S’il plaît à Dieu est paru ce printemps chez Bernard Campiche.

S’il plaît à Dieu est un roman historique. L’on aime ou l’on boude le genre, c’est selon. Dans tous les cas, le récit devient fluide dès lors qu’on a saisi les liens qui unissent les protagonistes. Le récit couvre les rêves expansionnistes d’un caporal qui allait devenir le régent d’une Europe en pleine mutation. Napoléon est de la lignée des grands conquérants comme Alexandre le Grand, Gengis Kahn, César qui ont mis le monde à feu et à sang.
Dans le sillage du petit homme ventripotent, Jean-Charles Develay, d’Yverdon qui, par un hasard improbable, a délaissé de brillantes études de médecine pour s’enrôler en tant que sous-lieutenant de cavalerie en 1807. Par quel miracle échappe-t-il de l’enfer de la retraite de Russie? À Paris, le chirurgien en chef Bouchet le presse de reprendre ses études. Après dix ans de chevauchées, sabre au clair, comment manier un bistouri?
«Si je trouvais une femme qui me donnât six mille francs et qui me plût, je quitterais le métier de soldat pour recommencer mes études de chirurgien. Je dois payer mes folies de jeunesse et continuer un métier qui ne servira qu’à l’asservissement des peuples.» Il a plu à Dieu d’inverser le cours de son destin. À Yverdon, Develay deviendra un médecin réputé et respecté.
Voilà un fil tiré de l’écheveau aux multiples nœuds de la descendance d’Elisabeth Develay, génitrice de huit enfants. Dans la fratrie, Jean-Charles est le troisième. À la mort de son mari, le cœur en charpie, elle doit se séparer de ses enfants. Elle les retrouvera des années plus tard en des circonstances précaires. Comment cette barque familiale n’a-t-elle pas sombré, corps et âme, dans les turbulences de l’Histoire? Une foi inébranlable leur a permis de tenir le cap, du moins ceux que la maladie n’a pas foudroyés dans la fleur de la jeunesse, comme Georgina, la cadette bien-aimée. La religion est le ferment qui motive leur existence.
À chaque début de chapitre, l’auteure a posé des balises, sans quoi le lecteur y perdrait ses repaires dans l’entrelacs des événements historiques et dans la constellation des personnages qui gravitent autour des Develay. Suzanne Deriex s’est lancée sur les traces de sa famille.«Dans son passé réel, je guette le filigrane qui, de génération en génération, maintient l’évolution de la vie sur notre terre.» Elle s’est investie dans une recherche de bénédictin extrêmement fouillée en piochant dans les archives et en contactant les descendants d’Elisabeth.
Cette grande dame de la littérature française, née à Yverdon en 1926, a commis des récits, des romans, des contes, des nouvelles ainsi que des pièces radiophoniques. S’il plaît à Dieu est paru ce printemps chez Bernard Campiche.

Éliane Junod
L'Omnibus
16 août 2019