La fugue de Verena Ordenz
Valentine Fornerod, jeune critique musicale, reçoit une lettre inattendue du chef d'orchestre Akio Todoroki : il l'invite à rencontrer Verena Ordenz, figure mythique du monde musical, qui vit retirée depuis des décennies. Fascinée par les mots de la journaliste, Verena l'invite chez elle, projetant de sortir de l'ombre pour un ultime concert. Valentine découvre alors un univers singulier : une maison marquée par des souvenirs de la Deuxième Guerre mondiale, un cèdre centenaire reliant passé et présent, une approche unique et intime de la musique... et des amis dont les blessures ne se referment pas. Au fil des jours, entre confessions et répétitions, les notes d'une fugue inachevée prennent vie, et Valentine doit affronter ses propres failles.
«Le concert se déroula dans une sorte d'apesanteur qui gagna le public {...}. Aux premières acclamations, Valentine se leva et sortit. Dans la salle des pas perdus encore déserte, elle s'appuya contre la paroi. Si quelqu'un l'avait vue à cet instant, il aurait pensé qu'elle faisait un malaise. Elle prenait simplement la mesure de ce qu'elle avait entendu et comprenait par les émotions qui l'agitaient, et non par les mots ordonnés d'un article, qu'une musique est sublime quand il est pénible d'en parler après et qu'enfle le pressentiment qu'il nous manquera à jamais quelque chose.»
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Revue de presse2
La Fugue de Verena Ordenz de Laurent Koutaïssoff
Dans leur sillage, il est des livres qui laissent des traces indélébiles, un parfum suave, une musique subtile. La Fugue de Verena Ordenz en est un.
La Fugue de Verena Ordenz de Laurent Koutaïssoff
Dans leur sillage, il est des livres qui laissent des traces indélébiles, un parfum suave, une musique subtile. La Fugue de Verena Ordenz en est un.
Le décor? Une belle bâtisse à l’orée de la forêt. La propriétaire est l’énigmatique Verena Ordenz, organiste et compositrice de génie. Gravitent autour d’elle des personnages aussi déconcertants que la vieille dame, Mathias le jeune mécano aux grands yeux pervenche occultés par d’épaisses lunettes, Louise au visage défiguré. La Seconde Guerre mondiale a laissé des meurtrissures dans les corps et les âmes. Le passé trouble du père de Verena, son rôle dans le trafic de tableaux au profit du Trosième Reich, sa mort ignominieuse ont marqué au fer rouge l’enfant si sensible.
L’organiste est une fervente admiratrice des articles de Valentine, une funambule de la langue. Cette dernière reçoit une lettre de l’éminent chef d’orchestre japonais Akio Todoroki: Verena la réclame auprès d’elle. Valentine recueillera les souvenirs de la musicienne, mais l’aidera aussi à achever LA fugue, l’œuvre de toute une vie, en mémoire de Lucien, son fol amour de jeunesse. Enfin il y a le vénérable cèdre dans les bras duquel Verena se réfugie, à l’abri du despotisme de sa mère.
Amour et musique sont mêlés comme les cheveux blancs dans une chevelure auburn. C’est la musique qui donne la pulsion primordiale à ce magnifique et indispensable roman. La Fugue de Verena Ordenz est une ode à l’amour, à la beauté, à la jeunesse. Une musique rédemptrice.
La langue de l’écrivain, qui vit actuellement à Lausanne, est douce mais passionnée. Il y a de la délicatesse et de la poésie dans ses propos. La mélodie du livre nous enveloppe et exerce sur nous une étrange fascination. Les chapitres sont très courts, comme des inspirations et des expirations, un rythme régulier comme celui d’un métronome. Il y a une telle force, une telle puissance dans les mots qu’on en est bouleversé.
Les heures s’égrènent. Il m’est impossible de refermer le livre. Sitôt un livre lu, je songe déjà à celui que j’ouvrirai. Là, je vais attendre que l’histoire se décante, que les morts infusent.
Encore deux mots sur Laurent Koutaïssoff. Il est né en 1966 et a étudié les lettres à l’université de Lausanne, a publié de nombreux ouvrages qui ont été couronnés de prix. En 2022, il a été nommé vice-chancelier de l’Etat de Vaud.
C'est un manoir isolé, au sommet d'une colline, où la musique flotte dans l'air et où chaque silence semble annoncer une révélation. Dans La Fugue de Verena Ordenz, Laurent Koutaïssoff nous entraîne au manoir du cèdre, là où vit une musicienne brillante et insaisissable, entourée d'un petit cercle de proches triés sur le volet. Une jeune journaliste, Valentine Fornerod, est invitée à rejoindre ce monde un peu à part.
Son arrivée va réveiller des confidences, des souvenirs enfouis, des liens qui n'avaient jamais été vraiment nommés et que la musique seule semblait encore contenir. Le récit avance comme une fugue musicale, avec des voix qui se répondent, des motifs qui reviennent, des ellipses qui obligent à tendre l'oreille. Et au fil des pages, les histoires de Verena et de Valentine se croisent et dialoguent entre mémoire, identité et quête de sens.
L'atmosphère est feutrée, presque suspendue, un manoir isolé, des conversations contenues, des personnages qui vivent dans l'attente d'un accord parfait qui n'arrive jamais vraiment. La musique devient une clé, un langage intime pour dire ce que les mots hésitent à formuler. On suit ces personnages comme on suivrait une mélodie fragile, attentive à chaque nuance.
Laurent Koutaïssoff, auteur suisse, poursuit ici le travail entamé avec des romans comme Atlas ou Les Chats noirs de Gallipoli, où l'on retrouvait déjà cette manière de sonder la mémoire, les lignes de faille, les zones d'ombre. Son écriture précise et subtile installe une ambiance faite de retenue, de profondeur et d'écho intérieur. Ce nouveau roman s'inscrit dans cette même veine.
C'est un manoir isolé, au sommet d'une colline, où la musique flotte dans l'air et où chaque silence semble annoncer une révélation. Dans La Fugue de Verena Ordenz, Laurent Koutaïssoff nous entraîne au manoir du cèdre, là où vit une musicienne brillante et insaisissable, entourée d'un petit cercle de proches triés sur le volet. Une jeune journaliste, Valentine Fornerod, est invitée à rejoindre ce monde un peu à part.
Son arrivée va réveiller des confidences, des souvenirs enfouis, des liens qui n'avaient jamais été vraiment nommés et que la musique seule semblait encore contenir. Le récit avance comme une fugue musicale, avec des voix qui se répondent, des motifs qui reviennent, des ellipses qui obligent à tendre l'oreille. Et au fil des pages, les histoires de Verena et de Valentine se croisent et dialoguent entre mémoire, identité et quête de sens.
L'atmosphère est feutrée, presque suspendue, un manoir isolé, des conversations contenues, des personnages qui vivent dans l'attente d'un accord parfait qui n'arrive jamais vraiment. La musique devient une clé, un langage intime pour dire ce que les mots hésitent à formuler. On suit ces personnages comme on suivrait une mélodie fragile, attentive à chaque nuance.
Laurent Koutaïssoff, auteur suisse, poursuit ici le travail entamé avec des romans comme Atlas ou Les Chats noirs de Gallipoli, où l'on retrouvait déjà cette manière de sonder la mémoire, les lignes de faille, les zones d'ombre. Son écriture précise et subtile installe une ambiance faite de retenue, de profondeur et d'écho intérieur. Ce nouveau roman s'inscrit dans cette même veine.