MARINA SALZMANN

HORIZON R

Roman
2021. 112 pages. Prix: CHF 26.00
ISBN 978-2-88241-471-7


Biographie

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Être en vie

Horizon R de Marina Salzmann nous fait entrer dans l’expérience de coma.
Percutant mise en mots d’un gouffre.

Ce roman provoque un réveil. Et pourtant Wallace est inconsciente. Tom l’aide. Il essaie de lui parler, mais la communication est incertaine. Est-ce qu’elle entend l’essentiel? Le comprend? Le reconnaît? Tom se trouve face à ces questions, dans la nuit. Et nous avec lui.
À chaque chapitre change la voix. Celle de Tom puis celle de Wallace. Chacun de son côté. Se retrouveront-ils un jour?
Wallace est plongée dans une obscurité profonde. Ses mots nous révèlent ce que ses sens perçoivent: le silence, la nuit. Puis un son: «Plop. Le plop revient. Je commence à croire à l’existence du temp.» Bien plus tard, un peu de lumière, puis de nouveau, la nuit. L’espoir de Wallace s’envole. Dans l’esprit du lecteur, imperceptiblement, des questions émergent: qui suis-je en réalité? Qu’est-ce qui me maintient en vie?
Au fil des pages, le récit esquisse quelques réponses: «Je. Il y a un je. Une voix qui dit je. Je vibre.» Avec la protagoniste, le lecteur prend conscience de son corps qui tremble, qui bouillonne, qui vit au milieu de l’univers, dans un présent unique. Va-t-il passer son chemin, fermer le livre et reprendre comme ses semblables la course folle de ses activités? Dans l’histoire de Tom et de Wallace, il n’est pas question d’efficacité – on ne parle nulle part de leurs profession – mais d’être et de relation: Tom vit suspendu au plus petit souffle de Wallace, Wallace vit parce qu’elle a reçu la vie… et peut-être parce que quelqu’un veille sur elle.
Horizon R est le nom de la roche mère, le support du vivant. Ce court ouvrage a ceci de précieux qu’il oscille entre le plus fragile et le plus solide. Marina Salzmann est auteure de nouvelles, de poésie et de romans qui naviguent entre fiction et autofiction. Elle manie avec adresse trompe-l’œil et réalité. Ici, elle réalise l’impossible: faire penser une personne inconsciente, faire naître le langage là où les concepts sont absents, taire l’agitation pour laisser place à la force de la vie. Dans une gisante. Et si l’expérience de l’immobilité, des ténèbres, de l’oubli, du silence nous ramenait vers le monde? Lire ce livre nous laisse bouche bée, comme si on assistait à la naissance de l’existence: on admire l’éclosion du vivant dans une goutte de pluie ou au détour d’un caillou, on assiste à celle, incroyable, de l’humain.


FABIENNE VOIROL, 
LivreSuisse, printemps/été 2022

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«C’est horrible à dire. Je me tais donc devant le lit. Je me contente de penser. On pense même quand nos pensées n'en valent pas la peine. Ça part dans tous les sens chez moi, à cause de la peur. Je peux toujours me concentrer sur ce mantra: le nom de Wallace.»
Celui qui se contente de penser, c'est Tom. Il ne peut rien dire devant le lit de Wallace où elle «demeure allongée sans mouvement,» dans la chambre d'hôpital qu'elle occupe dans l'unité des soins intensifs.
Tom pense, ne parle pas. Il est désemparé devant le corps inerte de Wallace. Il ne sait que lui dire. Alors il se met à lui lire un livre, Vingt mille lieues sous les mers, parce qu'il sait «que Wallace aime l’eau.»
De son côté, Wallace évolue dans un monde à part, un monde noir qui ne laisse pas de la surprendre, un monde onirique dont elle se demande s'il est ou non cauchemardesque, où elle est déconnectée.
Comme Tom a du mal à s'exprimer devant elle, il a fait l'acquisition d'un appareil enregistreur qui a «la forme d'un gros oeuf noir.» Cela va lui permettre de lui parler, de monologuer «sans exiger de réponse.»
Horizon R est un dialogue de sourds singulier où Tom et Wallace monologuent chacun de son côté, lui sans savoir si elle l'entend, elle sans savoir s'il existe un autre monde que celui, intemporel, qui est sien.
Tom raconte des histoires à Wallace, via l'oeuf noir, des histoires qu'il engrange lors des lectures ou des déplacements qu'il fait: «Je parle pour tu entendes demain ou dans un an ce que j'ai dit aujourd’hui.»
Wallace ne sait toujours pas ni ce qu'elle est ni où elle est - est-elle sur une planche, dans un tiroir? -, ni comment retrouver le monde d'avant, car la seule chose qu'elle devine, c'est qu'il y a bien un avant.
Marina Salzmann termine son roman qui apparaît comme un chant poétique à deux voix, le «vibrato arabesque» de Wallace et le «monocorde murmure» de Tom, par une coda surprenante et ... par cet aveu: «Comme dans les rêves quand on les raconte, j'ai oublié beaucoup des détails de leur histoire. De nouveaux se sont sans doute ajoutés. Le faux est parfois devenu vrai, et le vrai faux.»

Blog
de
FRANCIS RICHARD

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À l’hôpital, auprès de Wallace inconsciente, Tom est désemparé. Dans un monologue qui se poursuit au fil des jours, il tente d’établir un contact, même infime et peut-être illusoire, avec la gisante.
De son côté, Wallace est prisonnière d’un lieu incertain où se multiplient les cauchemars. Des mots surgissent. Parviendront-ils à donner forme au chaos et à dessiner une issue?


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