Le verre ardent

Tarmac

Tarmac raconte le désir d’ailleurs: une foule – la Meute – erre d’aéroport en aéroport, nez sur le tarmac, entre odeur de soufre et vrombissements, à l’affût d’un départ qui promet tout, guidé par un pilote – Grand-Chef – amoureux du ciel, de ses vapeurs et de la belle Eldorada. Dans une langue nerveuse et tendre, entre chant et désenchantement, qui mixe slogan, prière et mantra, Eve-Line Berthod propose en quatre étapes – du vent, des nuages, des astres, tarmac – une poésie comme un récit à lire d’une traite et à voix haute. Et quand sur la piste, l’enfance s’invite, elle détourne le regard, impose ses silences et ses étonnements, jusqu’à faire surgir la question: «À qui appartiennent les nuages?»

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Genre
Poésie
Année de parution
2026
ISBN
978-2-88241-577-6
Collection
Le verre ardent
Nb. de pages
112

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Revue de presse
2

Dans ce recueil de poèmes, Eve-Line Berthod invite au voyage sous trois formes:

  • Le voyage en groupe, en prenant l'avion: Tarmac
  • Le voyage en solitaire, en imaginant: Paréidolies
  • Le voyage immobile, en écoutant: Du vent

 

La première forme, Tarmac, est satirique:

à chaque saison la Meute

entame sa remue

Athènes - Paris - New-Dehli

de jour comme de nuit

 

La poète est réaliste:

sur le tarmac

ça sent bon

le soufre

le goudron 

le pop-corn brûlé

 

Elle décrit, sans un mot de trop:

c'est la traque du soleil

du rond du scintillant

 

Autrement dit, brièvement dit:

courir le monde

sans se fouler

laver ses mains

sans se mouiller

mourir d'amour

sans se blesser

 

À bord:

tango

des tablettes

des plateaux

bouches ouvertes

 

À l'escale:

moquette grise

murs gris

porte grise

comme la fatigue

qu'on traîne en soi

ouvrir la porte

baisser la garde

faire rouler son corps

dans de grands draps blancs

 

La deuxième forme, Paréidolies1, fait appel à la technique:

tu choisis ton ciel

faites la pluie - tapez 1

le beau temps - tapez 2

à qui appartiennent les nuages?

il pleut quand tu veux

gris où tu veux

orageux puisque tu veux

 

Et à la comptine:

 

un avion

sur l'azur

qui picore du ciel mûr

picoti

picota

lève la queue

et puis s'en va

 

La troisième forme, Du vent, est sonore:

le vent

fait claquer

le haut

le bas

cymbales

jusqu'à

étourdissement

 

Ce qui n'exclut pas le clin d'oeil2:

vienne la nuit

sonne l'heure

l'astre n'est plus

je demeure

dans le ciel

sillons blancs

l'astre n'est plus

vive le vent

 

Non plus que le chant:

j'ai chanté

et ma bouche a baîllé

des bruits blancs

Dans ce recueil de poèmes, Eve-Line Berthod invite au voyage sous trois formes:

  • Le voyage en groupe, en prenant l'avion: Tarmac
  • Le voyage en solitaire, en imaginant: Paréidolies
  • Le voyage immobile, en écoutant: Du vent

 

La première forme, Tarmac, est satirique:

à chaque saison la Meute

entame sa remue

Athènes - Paris - New-Dehli

de jour comme de nuit

 

La poète est réaliste:

sur le tarmac

ça sent bon

le soufre

le goudron 

le pop-corn brûlé

 

Elle décrit, sans un mot de trop:

c'est la traque du soleil

du rond du scintillant

 

Autrement dit, brièvement dit:

courir le monde

sans se fouler

laver ses mains

sans se mouiller

mourir d'amour

sans se blesser

 

À bord:

tango

des tablettes

des plateaux

bouches ouvertes

 

À l'escale:

moquette grise

murs gris

porte grise

comme la fatigue

qu'on traîne en soi

ouvrir la porte

baisser la garde

faire rouler son corps

dans de grands draps blancs

 

La deuxième forme, Paréidolies1, fait appel à la technique:

tu choisis ton ciel

faites la pluie - tapez 1

le beau temps - tapez 2

à qui appartiennent les nuages?

il pleut quand tu veux

gris où tu veux

orageux puisque tu veux

 

Et à la comptine:

 

un avion

sur l'azur

qui picore du ciel mûr

picoti

picota

lève la queue

et puis s'en va

 

La troisième forme, Du vent, est sonore:

le vent

fait claquer

le haut

le bas

cymbales

jusqu'à

étourdissement

 

Ce qui n'exclut pas le clin d'oeil2:

vienne la nuit

sonne l'heure

l'astre n'est plus

je demeure

dans le ciel

sillons blancs

l'astre n'est plus

vive le vent

 

Non plus que le chant:

j'ai chanté

et ma bouche a baîllé

des bruits blancs

Francis Richard
Blog

«On tue la poésie quand on la réduit à des règles» A Martigny, Cellules Poétiques casse l’image élitiste

A Martigny, le festival Cellules Poétiques rassemble cette semaine des voix qui donnent à la poésie un visage qu’on lui reconnaît trop peu souvent: celui d’un art vivant et actuel. Parmi les autrices et auteurs à l’affiche, Eve-Line Berthod, Pat Genet et Pierre-André Milhit la font sortir du livre, la remettent dans l’air, dans les corps, dans l’écoute.

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Sabrina Roh
Le Nouvelliste