MASSARD, JANINE

Autobiographie

Née en 1939 dans un milieu ouvrier, je suis parvenue à faire des études et à entrer à l'Université, par le biais d'une maturité classique préparée au Gymnase du Soir de Lausanne. Après trois semestres d'études de lettres, j'ai abandonné la Faculté pour me consacrer à l'éducation de mon premier enfant et à l’écriture.
Mon premier texte …de seconde classe a été remarqué par un jury d'écrivains prestigieux (y siégeaient alors Jacques Chessex, Maurice Chappaz, Corinna Bille, Nicolas Bouvier, Alexandre Voisard), lors d'un concours réservé à des auteurs n'ayant jamais publié: il s'agissait du Prix Geroges-Nicole. Si le texte n'est pas primé, les éloges reçus me convainquent que la voie choisie est la bonne. Les nouvelles de Christine au dévaloir connaissent un joli succès de presse puis paraît L'avenir n'est pas pour demain, un conte philosophique qui ne laisse pas indifférent mais il me faudra attendre la publication de La Petite Monnaie des jours pour rencontrer un large public et recevoir mes premières récompenses, dont le Prix Schiller. Les contacts que j'ai alors avec de nombreux lecteurs me persuadent qu'il manque, à l'édition romande, un livre racontant sans fioritures les conditions de vie de personnes nées au début du XXe siècle dans un pays profondément agricole et qui, parvenues à l'autre bout de ce siècle, ont assisté à des transformations profondes: les champs de betteraves ou de pommes de terre, autrefois cultivés avec tant de peine, se sont couverts d'habitations, petits locatifs, maisons mitoyennes, villas; la paysannerie, qui était un gros pourvoyeur d'emplois jusque dans les années cinquante, s'amenuise dangereusement, la société ne produit plus que des cols bleus et des blancs. Cela donne Terre noire d'usine, un documentaire pour lequel je me suis livrée à un certain nombre de recherches et interviews de personnes. Puis l'expression évolue résolument vers l'imaginaire, avec Trois Mariages, trois petits romans de soixante pages chacun, qui reprennent les thèmes développés jusqu'ici. Ce livre est traduit en allemand dans le cadre de la Collection CH et publié par eFeF- Verlag. Cette édition est aujourd’hui épuisée.
À partir de 1992, ma vie est marquée par des épreuves, décès du conjoint, cancer de ma fille aînée qui décédera à son tour en 1997. Entre deux morts, j'écris Ce qui reste de Katharina, roman dans lequel une femme âgée fait le point sur sa vie après le décès de son fils. L'origine de l'héroïne, allemande, née en 1918, pressée par sa mère d’épouser un Suisse, m'a permis de faire une nouvelle traversée du siècle mais côté bourgeoisie. En automne 2001 paraît Comme si je n'avais pas traversé l'été, roman inspiré par un séjour contraint près de la mort: c'est un livre de résistance et finalement un hymne à la vie.
Publié en automne 2005, Le Jardin face à la France, roman inspiré par le jardin de mon enfance et sa maison branlante avec, en face, la Savoie occupée par les Allemands. En l'absence du père, mobilisé, c'est le grand-père, d'origine huguenote, qui va tenter d'expliquer à ma petite héroïne la complexité du monde en guerre et ses retombées sur la vie quotidienne d'un pays resté neutre au milieu des belligérants. Ce livre est aussi celui de la réconciliation avec la vie, l'écriture s'y évase et donne de la voix à l'humour. Trois ans plus tard, paraît L’Héritage allemand, roman mais aussi tragédie familiale vue dans le miroir de l’histoire. L’héroïne s’interroge sur l’origine des malheurs qui frappent des personnes de son entourage, liées entre elles par la généalogie et forcément par leur patrimoine génétique.
Après quatre romans, retour à la nouvelle: en automne 2010, un recueil de onze textes intitulé Childéric et Cathy sont dans un bateau paraîtra chez Bernard Campiche.

JANINE MASSARD, juillet 2010

L’Héritage allemand
Le Jardin face à la France
Le Jardin face à la France
(camPoche)