JEAN-FRANÇOIS THOMAS

LE CRI DU LÉZARD

Roman
2024. 272 pages. Prix: CHF 31.00
ISBN 978-2-88241-546-2


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Un roman qui se lit dans un souffle

Secrets, disparitions, faux-semblants: tel est ce polar romand qui mêle avec habileté investigation et introspection, et entraîne le lecteur dans un jeu de pistes aussi troublant que captivant. Au-delà de l’énigme, la quête de vérité devient un instrument de connaissance de soi, des autres, et du monde.

Un libraire, ancien policier, découvre au fil d’un tri une lettre qui ébranle ses certitudes sur la mort de son père. Et si, sur un ponton d’une rive du Léman, à Vidy, celle-ci n’avait rien eu de naturel ? Et si la crise cardiaque apparente dissimulait une réalité plus sombre ? Que penser également du décès suspect d’un employé de la Bibliothèque universitaire, surnommée la «Banane» à Dorigny ? Parallèlement, un ami – toujours actif, lui, dans un commissariat – se retrouve confronté à une série d’enlèvements d’enfants. À l’image de la pieuvre figurant sur la couverture, les intrigues déploient leurs tentacules avant de se rejoindre peu à peu.
Telle est la base de la trame que déploie Jean-François Thomas, écrivain à la fois amateur éclairé et figure confirmée de la scène littéraire romande.
Longtemps relégué au second plan par la critique, le roman policier mérite pourtant une attention renouvelée. Le genre offre au moins deux niveaux d’interprétation: il se donne à voir comme le reflet de son auteur et, dans le même mouvement, comme une forme littéraire qui engage activement son lectorat. À cet égard, l’ouvrage de Jean-François Thomas en constitue une illustration convaincante. Et lorsqu’il s’agit de mettre en lumière un auteur suisse, pourquoi hésiter à s’y plonger?

Le roman comme autoportrait

Comme toute œuvre littéraire, le polar révèle souvent celui qui l’écrit. Le cadre de l’investigation, les milieux explorés, les obsessions qui affleurent dessinent un portrait implicite de celui qui tient la plume, comme si le récit devenait le miroir discret de son parcours. Après des études de lettres, Jean-François Thomas a connu des trajectoires professionnelles variées; à l’image de son personnage principal, il a appris à se réinventer sans jamais rompre avec l’univers des livres ni cesser de s’intéresser à autrui.
Le style lui-même porte la trace de ses cheminements. Comme le rappelait Michel Tournier, «tout auteur est d’abord un lecteur»: il n’existe pas de roman «brut», comme cela peut se produire dans le monde visuel. Toute écriture se nourrit d’héritages et de résonances. Ici, les références littéraires jalonnent le texte, explicites ou suggérées. Leur fonction importe plus que leur véracité: elles tissent un réseau d’échos, tout en installant une profondeur. On perçoit également une attirance pour le fantastique – jusque dans le titre – qui fait écho aux incursions répétées de l’auteur dans le genre de la science-fiction. Cette inclination affleure notamment dans l’évocation de livres anciens disparus liés à la sorcellerie et à l’ésotérisme, comme si le récit ouvrait par instants une brèche vers des savoirs occultes et des traditions enfouies.
Enfin, Jean-François Thomas privilégie les voix aux descriptions. Ses personnages existent d’abord par leurs paroles, leurs échanges, et même leurs silences. Ce choix confère au récit une tonalité presque scénique, évoquant une mise en scène subtile qui rappelle son expérience d’écriture radiophonique.

Les ressort d’un genre

S’intéresser au roman policier, c’est pénétrer dans une mécanique subtile où se conjuguent réflexion et tension narrative. L’énigme y joue un rôle central: elle sollicite le lecteur, l’invite à traquer les indices, à formuler des hypothèses, à douter. Jean-François Thomas exploite pleinement ces ressorts, en distillant des éléments en apparence anodins – une fillette surgie presque par hasard, un accident de circulation banal – qui gagnent progressivement en importance.
Les jeux sur les mots et les accents typographiques participent également de cette construction. Le criminel a-t-il un lien avec des «Crémières», ces  femmes travaillant en laiterie? Ou faut-il plutôt chercher du côté du lieu-dit «Cremières», près de Puidoux, dont l’orthographe presque identique peut prêter à confusion, si l’on n’y prend garde?
Bien évidemment, le suspense intrigue l’ensemble. Le désir de comprendre ce qui s’est réellement produit, et surtout ce qui pourait encore advenir, pousse à tourner les pages toujours plus vitre. Lorsque l’intrigue se resserre autour du sort d’enfants enlevés, la tension se fait vive, presque urgente.
Mais le roman ne se limite pas à une mécanique narrative: il explore aussi les zones troubles de la psyché. Le protagoniste, hanté par son passé – il avait causé accidentellement la mort d’un coéquipier de patrouille –, peine à se défaire de ses réflexes d’ancien policier. À travers lui, le récit glisse vers une tonalité plus sombre, proche du roman noir, attentive aux failles et aux culpabilités.
Cette plongée intérieure s’accompagne d’un regard sur le monde. L’ouvrage aborde, sans insistance démonstrative, des thèmes contemporains – violences faites aux enfants, dérives humaines, folies sectaires, complexité des relations familiales – tout en conservant une dimension intime, notamment dans le rapport du héros à son père disparu.
Le roman joue également sur une diversité de registres: recherche de vérité, tension dramatique, énigme, mais aussi touches plus légères, voire ironiques. L’onomastique en offre un exemple discret: Cyriel, personnage désabusé qui se perçoit comme déclassé, porte un prénom dont l’étymologie renvoie à la spiritualité et au pouvoir: «celui qui a autorité». Il se distingue nettement de Martial, figure plus rugueuse, presque attendue dans sa raideur. Et le fait que le libraire vende des ouvrages de seconde main prolonge ces clins d’œil et nourrit le jeu des références.
Porté par un rythme efficace, le texte demeure accessible sans jamais céder à la facilité. On devine chez l’auteur une attention particulière à son public, une manière de l’accompagner sans le guider entièrement, en lui laissant le plaisir de l’interprétation. Car tel est bien là l’un des charmes du genre: relier les fils, voir émerger une vérité pressentie ou, au contraire, inattendue.
Enfin, l’ancrage régional ajoute une dimension sensible: reconnaître les lieux ou croire les reconnaître, renforce l’impression de réalité et l’immersion dans le récit.
Mais assez dit. Il appartient désormais aux lectrices et aux lecteurs de se laisser happer par ces pages, et d’en faire leur propre expérience, portés par un récit qui tient en haleine et dont le parcours se révèle un plaisir évident.

PIERRE JAQUET, première pblication sur le site de Pro Senectute

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Le cri du lézard

L’histoire ne retient pas le sort des malheureux qui commencent la lecture d’une série de livres par le deuxième tome. À eux sont destinés les personnages qu’on ne présente plus, les intrigues bâclées et les motifs en apparence absurdes. Je pensais devoir aussi m’y confronter en ouvrant Le Cri du lézard de Jean-François Thomas. Je me l’étais procuré, car sa couverture fantasque m’avait séduit. Pourtant, une note de bas de page, faisant référence à un roman précédent de l’auteur, m’a fait redouter de lire la suite d’une histoire dont je n’avais pas les clés.

Une invitation à rester

Dès les premières pages, la rencontre avec l’inspecteur Cyriel, a dissipé mes craintes. Avec aisance, l’auteur efface toute impression de distance avec les protagonistes. Ainsi, une discussion avec Mathilde, la fille du personnage principal, autour d’anciennes photos souvenirs, crée un contact direct avec son passé sans appesantir l’intrigue pour un lecteur qui y serait familier. Cela se remarque notamment dans cet extrait: «Ce passage en revue leur permettait aussi de se remémorer nombre de souvenirs, d’évoquer les moments heureux passés en famille, de retrouver des séquences oubliées des nombreuses années écoulées depuis la naissance de Mathilde. Mais aussi, hélas, d’évoquer les moments difficiles, douloureux, que leur famille avait traversés. Les trop fréquentes absences de Cyriel dues à son métier d’enquêteur, les tensions de plus en plus visibles dans le couple, la disparition des amies proches, la dépression de Cyriel qui avait suivi la mort de son collègue.»

Le portrait gris du héros

Vous l’avez sûrement remarqué dans ce passage, le ton n’est pas à la rigolade.  L’intrigue non plus: Cyriel, a arrêté sa profession d’inspecteur de police et repris la vieille librairie d’occasion de son père. En la rangeant, il est lancé par hasard sur une piste qui laisse croire que son père ne serait pas mort d’un simple arrêt cardiaque. Lui qui avait rompu avec les enquêtes doit donc se replonger dans ce milieu pour trouver une réponse à ses questions. Loin d’être un justicier calme et parfait, il fait preuve de nombreuses failles. Sortant depuis peu d’une dépression, il lui prend parfois de violents accès de colère. Ceux-ci m’ont d’abord surpris puis enchanté, le personnage semble brusquement si réel, si vrai. J’ai été frappé par la description d’un réveil agité de Cyriel: «Il se réveilla soudain, en sueur. Il se rendit aux toilettes, but un peu d’eau, se recoucha, mais peina à se rendormir. Il se leva plus tôt que d’habitude, mal reposé et de mauvaise humeur. Il se prépara un petit déjeuner. Au moment de poser son café sur la table, il heurta du coude le coin d’une chaise et lâcha sa tasse. Le café se répandit sur sa jambe nue, le brûla. “ Merde, ça fait mal, putain!… “ Furieux, il shoota ce qui restait de la tasse, et envoya valser les morceaux de porcelaine contre un des murs de la cuisine, ce qui l’éclaboussa de café noir. “ Et va falloir nettoyer tout ça ! Pfff… ça sert à rien de t’énerver, mon gars, le mal est fait…calmos… “ Cyriel prit trois fortes inspirations, permettant à sa colère de refluer, et de retrouver un semblant de sérénité. Il se rendit aux toilettes et se versa de l’eau froide sur la brûlure, afin d’atténuer sa morsure. »

La force de la simplicité

L’histoire se veut réaliste, cela se remarque par la vraisemblance des émotions des protagonistes mais aussi par la banalité de leur langage. De même, nombre de fausses pistes glissées ça et là se jouent des clichés typiques des romans policiers. Aucune place n’est laissée aux explications rocambolesques. La manière dont Jean-François Thomas aborde une aventure amoureuse au sein de cette enquête ne manque pas à la règle, tout semble concret, tragique, banal.
L’intrigue à retournements du Cri du lézard témoigne de l’expérience littéraire de son auteur et je ne saurais que vous le recommander. Pour ma part, je vais de ce pas découvrir les autres aventures de Cyriel dans Une semaine à tuer.

GUILLAUME VINCENT BERCLAZ, blog de l’uni de Fribourg

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Mon cher Gémeaux, Je voudrais ajouter à ta lecture un peu légère d’hier. Ce sont les symboles qui importent! Certes tu as vu que Vathek est au cœur du dispositif, en abyme, certes tu as évité de parler, pour ne pas spoiler comme on dit en français, de ce géant et de son livre mythique dont je ne vais pas ici proférer l’indicible nom. Mais tu eusses pu évoquer cet éternel combat du bien et du mal. Y relier ton ami pêcheur que je vois comme dans le tableau de Konrad Witz, La Pêche miraculeuse, ici entre les méchants quagga et les cormorans dévoreurs, mais surtout le Cyriel, ancien flic, modeste libraire d’occasion, petit bourgeois, un peu trouillard, ni héros ni même antihéros qui va s’éveiller, chercher, fouiner, se piquer au jeu, consoler une mère éperdue d’avoir perdu sa fillette jusqu’à lui faire l’amour réconfortant, fraternel pour la rassurer, sans la liaison qui eût suivi, cliché habituel dans le romanesque, s’accoquiner avec une espèce d’anar braconnier qu’il n’aimait guère mais qui se révèle honnête dans la carambouille comme les truands du Milieu de naguère et efficace, et se manifeste lui-même courageux, audacieux, voire téméraire et tenace, dans une modeste illégalité lors de ses explorations. Enfin soutenu dans sa triche par un ancien collègue au service du bien qui mentira vrai à la hiérarchie, au procureur et aux médias pour sauver les victimes et son ami et punir les méchants. Ce gentil modeste aura fait donner le DARD pour stopper l’hubris d’un illuminé malfaisant. Dans une société qui encourage l’accélération exponentielle générale, parmi films et romans célébrant l’héroïsme funambulesque, noyé sous les paillettes rutilantes et les flots de champagne, qu’il est doux de lire un éloge anachronique de la modestie et de cette éternelle lutte du bien et du mal en toute humilité, même si plane en arrière-fond l’Ombre invaincue comme la matière noire en arrière-plan de l’univers. Voilà ce que j’eusse écrit, cher frère, si j’avais été toi! bis repetita placent!

PIERRE-YVES LADOR

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Jean-François Thomas, Le cri du lézard, Campiche, 2024

Sous la belle, inquiétante voire terrifiante couverture de José Roosevelt qui ouvre l’appétit du lecteur, un bref roman policier qui va charmer chacun. Ce futur classique écrit par un conteur grand lecteur de sf fait partie des littératures de genre et ici mêle au polar, un zeste de sf, du fantastique. Il évoque la suite des aventures de Cyriel Sivori, flic défroqué devenu qui a repris la librairie d’occasions de son père défunt. Un peu de gastronomie et d’œnologie comme il se doit, des féras mais aussi les méchantes moules quaggas et ces voyous de cormorans, vive la biodiversité! Mais surtout une tonalité nouvelle: le monde du livre et une intrigue qui entraîne le lecteur aussi bien dans la librairie, ses clients collectionneurs étranges qu’à la Bibliothèque cantonale vaudoise et à ses collections de livres rares. J’aime bien qu’un auteur de romans de genre montre ses lectures, il est cultivé et ses lecteurs aussi. Une implacable machine montée par un maître, où chaque détail prend son sens, rétrospectivement ou permet aux plus futés de pressentir, mais d’être surpris quand même. On peut voir les méthodes de la maffia, de possibles trafic d’organes, mais on est vite projeté dans un univers digne de Dan Brown. Le livre qui tue existerait-il? Les livres mèneraient-ils le monde ? Faut-il les interdire? On est intéressé par la mention du Vathek de Bedford imprimé à Lausanne, en 1787, écrit en français et des autres grimoires volés. Ce récit gothique fonctionne comme mise en abyme du thème même du roman que le lecteur ne connaît pas encore. L’ancien flic va résoudre meurtres, enlèvements et trafics de livres qui, apparemment sans rapports, finissent comme dans les polars classiques par se croiser et se relier à la mort du père. Le suspense tient jusqu’au bout et la double surprise finale, bien que tout soit annoncé comme le prescrivent les historiens du genre. Un certain humour et beaucoup de respect, des personnages humains, proches des lecteurs, un ton bonhomme font le prix de cette enquête sympa. On frôle l’horreur et le fantastique, mais en restant bien de chez nous.

Une heure et demie de plaisir, de suspense et de frissons, mais, et c’est là le charme, rien de glauque. Vous pouvez l’offrir à votre vieille tante ce roman à la fois bien de chez nous, juste ce qu’il faut de didactique pour ceux qui défendent livres, lecture, bibliothèques et librairies par un prince du romanesque de genre, un modèle pour nos écrivains et un plaisir pour les lecteurs.


PIERRE-YVES LADOR

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Le Cri du lézard, de Jean-François Thomas

Mais quel est donc le lien entre la mort du père de Cyriel Sifori et l’enlèvement brutal de la petite Élise devant sa librairie? À vol d’oiseau, aucun!
Par un malencontreux concours de circonstances, Cyriel, alors enquêteur, a tué un collègue. Sa vie a basculé dans la dépression. Pas question de reprendre son métier. C’est pourquoi il a décidé de rouvrir la boutique de son père, mort dans des circonstances pour le moins étranges. Un job qui nourrit à peine son homme.
Le rapt de l’enfant sur le seuil de sa porte réveille son instinct de limier. Il n’aura de cesse de retrouver la fillette: il en a fait la promesse à sa mère. Il s’acoquine avec le taciturne Blogi, un surdoué de l’informatique, qui a eu maille à partir avec la justice. Une surprenante collaboration en marge de l’enquête menée par son fidèle ami Martial Papin de la police judiciaire.
Un livre «dangereux» serait-il à l’origine de la mort de son père? Avec l’aide de Blogi, il enfreint la loi et pénètre dans un manoir sinistre où une quinzaine d’enfants sont séquestrés, victimes des membres d’une secte.
Une traque qui tient le lecteur en haleine. D’ailleurs l’auteure de ces lignes a renoncé à une sortie importante parce qu’elle ne parvenait pas à poser le livre!
Le style de Jean-François Thomas est bien balancé, rapide, concis, comme celui de tout auteur de polar qui se respecte. Il a l’art de mener son lecteur par le bout du nez: impossible de laisser errer ses pensées hors de la trame du récit, qui navigue entre polar et science-fiction. Deux formes d’écriture tout à fait compatibles aux yeux de l’ancien président du Conseil de fondation de la Maison d’Ailleurs d’Yverdon, qui collabore avec la revue française de science-fiction Galaxies. Également critique et directeur de collection, l’auteur âgé de 72 ans déclare: «Je suis un jardinier, je regard ce qui pousse.»


ELIANE JUNOD, 
L'Omnibus

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«Son père avait été retrouvé sans vie le jeudi 16 juillet 2015, en possession d'une somme de dix mille francs suisses dans la poche, en dix billets de mille francs suisses. S'il avait été antiquaire et qu'il vendait des meubles ou des tableaux, passe encore, mais libraire! Libraire d’occasion!»
Cyriel Sifori a pris la succession de son père qui tenait une librairie de livres d'occasion à Vevey. Il était auparavant dans la police, mais il avait dû la quitter après avoir, accidentellement, tué un collègue.
À l'instigation de son ami Edouard, qui tient la boutique pour lui de temps en temps, Cyriel fait un jour du rangement. Après avoir vidé un tiroir du bureau, il ne peut pas le remettre et se demande pourquoi:
«Il se pencha pour mieux regarder à l'intérieur de la cavité. Il remarqua alors une pochette en plastique, collée sur le haut, dont un côté pendait et qui, en se repliant sur elle-même, empêchait le tiroir de rentrer correctement dans son alvéole.»
Dans cette pochette se trouvent des documents dont une lettre, signée C. Dexter, qui donnait rendez-vous le 16 juillet 2015 à son père pour la livraison d'un livre rare contre une grosse somme d'argent.
C'est à cette date-là, on l'a vu, que son père, Agénor, était mort. À l'époque sa mort, d'une crise cardiaque, n'était pas apparue suspecte. Mais la découverte du contenu de la pochette sème le doute chez Cyriel.
Son ex-collègue Martial avec qui il a dîné un jour, lui a confié qu'il enquêtait sur l'enlèvement de six petits enfants de clandestins. Or, quelques jours après, il entend un hurlement féminin près de sa boutique:
«—  Ma fille! Ils ont pris ma fille! Ils ont enlevé ma fille! Au secours! Aidez-moi!»
«Cyriel ne fut pas long à reconnaître la jeune mère dont la fillette s'était introduite dans sa boutique. Elle portait toujours les mêmes vêtements, jeans troués et t-shirt blanc.»
Cyriel n'a pas perdu son flair et décide d'éclaircir les deux affaires, en demandant à plusieurs reprises à Edouard de le remplacer à la boutique et en mettant Martial, plusieurs fois, devant ses faits accomplis.
Cyriel n'emploie pas toujours des méthodes orthodoxes pour découvrir l'atroce vérité dans ... les deux affaires, mais le lecteur ne lui retire pas pour autant sa sympathie, car l'auteur sait le montrer très humain...


Blog
de FRANCIS RICHARD

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Dans la librairie héritée de son père, Cyriel Sivori découvre des lettres dont le contenu laisse penser que la mort de son géniteur ne serait pas accidentelle. Par ailleurs, l’enlèvement brutal d’une fillette devant son commerce vient aussi perturber son quotidien.
Aiguillonné par sa passion de l’enquête, l’ex-inspecteur Cyriel Sivori va aller chercher des réponses, et mettre à jour d’horrifiants secrets.



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