La
narratrice, en évoquant la vie de son aïeule un siècle plus tôt dans
une description qui passe tantôt du présent au passé, donne une image
de la « Vallée » qui ressemble singulièrement au Valais.
Elle aime ce pays qui retient et enferme ses habitants, prison aimée
dont on a du mal à s’échapper, surtout au début du XXe siècle. Elle
évoque ces femmes qui rêvent de pays lointains et qui restent là.
La vie de son arrière-grand-mère et la sienne s’entremêlent, se tressent, s’imbibent de surnaturel et de rêve.
Quelques coups de griffes attaquent avec une pointe d’ironie l’Église, les traditions des vignerons et le machisme ambiant.
Un beau tableau de famille : « Aux branches de mon arbre
généalogique se balancent des curés défroqués, des bonnes sœurs, des
sages-femmes, des juges, des violonistes, des travestis, des consacrés,
des alcooliques, des vieux fous, des suicidés, des immolés, des paumés
» et une superbe peinture de la montagne.
JULIETTE DAVIS, Suisse Magazine
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